Je ne suis pas un praticien « d'une seule méthode ». Un cabinet équipé de plusieurs outils permet de choisir, pour chaque personne, celui qui épouse le mieux ce qu'elle traverse. Voici les sept courants sur lesquels je m'appuie — leur logique propre, leurs auteurs de référence, et quand je les convoque en séance.
Pourquoi plusieurs approches ? Un psychotrauma ne se travaille pas comme une addiction. Une phobie n'appelle pas les mêmes leviers qu'un deuil. Un conflit interne ne demande pas la même structure de séance qu'un état d'épuisement. Choisir une seule école, c'est parfois imposer à chaque patient un moule qui ne lui correspond pas. L'éthique clinique moderne — celle qu'on apprend en supervision, pas dans les plaquettes marketing — invite à disposer d'une boîte à outils large, et à savoir quel outil pour quel moment. C'est ce que les sept approches présentées ici permettent.
Ces sept courants sont tous articulés entre eux. Ils partagent un socle commun : le respect du rythme du patient, la confiance dans les ressources internes, l'appui sur l'état modifié de conscience comme outil de transformation. Ils diffèrent par leur point d'entrée, leur grain, et les cas cliniques qu'ils éclairent le mieux.
L'hypnose ericksonienne est la racine contemporaine de l'hypnose clinique. Milton Erickson (1901-1980), psychiatre américain atteint de poliomyélite depuis l'enfance, a révolutionné la pratique en passant d'une hypnose d'autorité (« vous allez dormir », directive, uniforme) à une hypnose indirecte et utilisationnelle : on travaille avec les ressources, le langage et le rythme propres à chaque patient. Ernest Rossi, son dernier collaborateur, a ensuite formalisé les mécanismes neurobiologiques sous-jacents.
C'est le socle commun à toutes mes séances. Environ 80 % des inductions, des métaphores, des suggestions que je formule relèvent du cadre ericksonien. C'est la grammaire de base — sur laquelle se greffent ensuite, selon besoin, les autres approches.
L'IFS (Internal Family Systems) a été développé par Richard Schwartz, thérapeute familial qui a eu l'intuition, en écoutant ses patients, que la psyché fonctionne comme un système de parties en relation. Chacune a son histoire, son rôle, son intention — et toutes, sans exception, cherchent à protéger ou à préserver quelque chose. Autour de ces parties, un « Self » central — calme, curieux, compassionnel, courageux — est toujours présent, même chez les personnes les plus en souffrance.
L'IFS est particulièrement puissant sur les addictions (où une partie veut arrêter et une autre consomme — le conflit interne est littéral), sur les psychotraumas (les exilées portent la mémoire du trauma), sur les conflits internes chroniques (« je me sabote », « je ne m'aime pas »), et sur les troubles du comportement alimentaire. Je l'utilise souvent en co-articulation avec l'hypnose ericksonienne : la transe permet d'accéder aux parties plus facilement, et l'IFS structure le dialogue interne qui en découle.
Stephen Gilligan est l'un des rares élèves directs de Milton Erickson encore en activité. Docteur en psychologie de Stanford, il a prolongé l'héritage ericksonien dans une direction nouvelle : la trance générative. Là où l'hypnose classique aide à résoudre un problème existant, la trance générative cherche à créer ce qui n'existe pas encore — une identité, une ressource, une manière d'habiter sa vie.
Gilligan propose de travailler simultanément avec quatre niveaux de conscience, au lieu d'un seul :
L'état génératif, c'est quand ces quatre dimensions sont ouvertes, articulées, coordonnées. Dans cet état, la transformation se fait d'elle-même.
L'hypnose générative est particulièrement adaptée aux transitions de vie (nouvelle étape, fin d'un cycle, ouverture d'un suivant), aux questions d'identité et de direction, à la créativité bloquée, au leadership et à la posture professionnelle, et à toute situation où le problème n'est pas seulement à résoudre mais où quelque chose de nouveau doit émerger. Je la convoque aussi en fin de protocole addictologique, pour générer l'identité de non-consommateur plutôt que de simplement enlever la consommation.
E. Steven Gallegos, psychologue américain et élève des traditions amérindiennes, a développé le Personal Totem Pole Process : une manière de travailler en transe avec des animaux imaginaires associés aux chakras, qui fonctionnent comme des guides symboliques de ressources internes. Chaque chakra (enraciné dans le bas-ventre, le plexus, le cœur, la gorge, le troisième œil, la couronne) accueille l'émergence spontanée d'un animal, porteur d'un enseignement précis.
L'hypnose symbolique est précieuse dans les situations où le langage est un obstacle — soit parce que les mots manquent (vécu pré-verbal, états somatiques non nommés), soit parce qu'ils sont trop usés (« je sais déjà tout ça »). Je la propose dans les psychotraumas anciens, pour les personnes qui pensent trop et sentent peu, en quête de sens ou en questionnement existentiel, et dans les accompagnements longs où l'on cherche à renouveler les ressources internes.
L'hypnose régressive est une pratique qui consiste à revisiter, en état modifié de conscience, des scènes fondatrices du passé — souvenirs accessibles, parfois pré-verbaux — afin de les traiter dans un cadre sécurisé. Elles peuvent être biographiques (votre histoire) ou symboliques (transgénérationnel, non biographique, etc.). Elle permet de réinscrire ces scènes avec de nouvelles ressources, de désactiver leur charge émotionnelle, et de refermer des boucles restées ouvertes.
Phobies à scène fondatrice accessible, comportements ou schémas répétitifs, enjeux émotionnels, répétitions relationnelles inexpliquées que la personne relie, après exploration, à un épisode ancien. Ou simplement si vous désirez explorer. Ces séances ne se font jamais en séance 1 — elles nécessitent d'avoir posé un cadre de sécurité solide et une bonne alliance thérapeutique.
Le breathwork désigne un ensemble de techniques de respiration consciente (le plus souvent une respiration connectée : inspiration et expiration sans pause, sur une durée de 20 à 60 minutes) qui induisent, sans substance, un état modifié de conscience parfois intense. Ces pratiques, issues des travaux de Leonard Orr (Rebirthing, années 1970) et Stanislav Grof (Holotropic Breathwork), sont aujourd'hui largement diffusées dans le champ du bien-être et du travail corporel — avec parfois moins de rigueur qu'il ne faudrait.
Le breathwork est particulièrement pertinent quand le corps a besoin de parler avant les mots, quand l'émotion est empêchée (blocage, alexithymie, contrôle), et comme complément dans un parcours psychothérapeutique classique qui a trouvé ses limites dans la parole seule. Je le propose généralement après quelques séances d'hypnose, une fois la relation établie, et pour des demandes précises — pas comme outil central.
Les D.E.R. — Dynamiques Émotionnelles et Relationnelles — constituent une approche intégrative qui articule psychothérapie humaniste, hypnose clinique et apports contemporains des neurosciences affectives. Le postulat de fond : nos émotions ne sont pas de simples réactions passagères, mais des messagères qui portent l'empreinte de notre histoire — blessures anciennes, besoins inassouvis, schémas relationnels hérités. Lorsqu'elles ne sont pas pleinement vécues ni comprises, elles s'accumulent et produisent des tensions, des blocages et des comportements répétitifs qui se rejouent à notre insu.
Les D.E.R. sont particulièrement adaptées aux personnes qui ont du mal à réguler leurs émotions ou à comprendre leurs réactions ; qui se sentent envahies par des affects intenses (peur, colère, tristesse, honte) ; qui rejouent des schémas relationnels douloureux ; qui ont le sentiment de ne pas être pleinement elles-mêmes ; ou qui souhaitent pacifier des blessures anciennes dont l'écho continue d'influencer le présent. En pratique, je convoque cette approche en co-articulation avec l'IFS (pour cartographier les parties émotionnelles) et l'hypnose ericksonienne (pour soutenir le travail de transformation en état modifié de conscience).
En pratique, la question n'a pas à être résolue avant la première séance. C'est au fil du travail qu'on choisit l'outil le mieux calibré à ce que vous traversez. Pour préciser votre demande ou simplement échanger avant de démarrer, vous pouvez me contacter directement.
Contactez-moi →Glossaire des termes ↗ · Études scientifiques ↗ · Motifs de consultation ↗